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Rien
n'arrive pour rien
Un jour où elle se promenait sur la plage, elle fut enlevée par
des marchands d'exclaves, emmemée en Turquie et vendue sur le marché
d'Istanbul. Un homme qui était venu pour acheter des esclaves aptes
à l'aider à fabriquer des mâts de navire vit la malheureuse jeune
fille, la prit en pitié et l'emmena chez-lui pour en faire la
servante de sa femme. Des pirates avaient pillé la cargaison qu'il
venait d'acquérir et il n'avait plus d'argent pour acheter d'autres
esclaves. Il continua donc de fabriquer des mâts avec l'aide de sa
femme et de la jeune fille. Celle-ci travailla avec tant d'ardeur et
de conscience que son maître décida de l'affranchir et de la prendre
comme associée, ce qui la remplit de joie.
Un beau jour, elle fut chargée d'accompagner un chargement de mâts
en direction de Java. Elle s'embarqua mais, au large de la Chine, le
navire fut détruit par un typhon. La jeune fille fut de nouveau rejetée
par la mer sur un rivage inconnu et de nouveau se lamenta de son
destin. "Pourquoi faut-il que tous ces malheurs m'arrivent à
moi?" s'écria-t-elle. Il n'y eût pas de réponse. Elle traversa
la plage et commença à marcher à l'aventure.
Une vieille légende chinoise racontait qu'un femme légendaire
viendrait et qu'elle frabriquerait une tente pour l'empereur.
Personne, en Chine, ne savait construire une tente et les générations
successives s'interrogeaient sur le sens de la prédiction.
Une fois l'an, l'empereur envoyait des émissaires dans tout le
pays afin qu'ils ramènent au palais les jeune femmes étrangères.
Cette année-là, les émissaires trouvèrent la naufragée et la
conduisirent devant l'empereur. Un interprète lui demanda si elle
savait construire une tente. "Il me semble que oui", répondit-elle.
Elle demanda de la corde, mais les Chinois n'en avaient pas. Se
souvenant de son enfance et du métier de son père, elle demanda de
la soie et en fit une corde solide. Elle demanda de la toile épaisse,
mais le Chinois n'en avaient pas. Se souvenant de sa vie au milieu des
tisserands, elle tissa la toile épaisse dont elle avait besoin. Elle
demanda des piquets de bois, mais les Chinois n'en avaient pas, alors,
se souvenant de sa vie avec le fabricant de mâts, elle confectionna
des piquets de tente. Ensuite, elle essaya de se rappeler du mieux
qu'elle pouvait à quoi ressemblaient les tentes qu'elle avait vues
dans sa vie. Elle monta donc une tente. L'empereur admiratif, ravi que
la prophétie ancienne se soit réalisée, lui offit de réaliser tous
ses voeux. Elle épousa un beau prince et resta en Chine, où elle
connut une longue vie heureuse, entourée de ses nombreux enfants.
Elle comprit que tous les événements tragiques qu'elle avait vécus
avaient un sens et qu'ils avaient finalement contribué à son
bonheur.
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